12/02/2012

intelligence économique

Trois espions recrutés comme conseillers d’entreprises russes

Société publique russe cherche espion pour développer sa politique d’intelligence économique. Si ce type de recrutement s’opérait par petites annonces, celles-ci fleuriraient actuellement dans les médias russes. Depuis un mois, trois agents des services de renseignement ont rejoint le monde de l’entreprise en Russie. Pour mettre fin aux rumeurs de presse, le géant pétrolier Transneft a confirmé la nuit dernière avoir récemment embauché Natalia Petrovna Koutsik, en tant que «conseillère». Cette nouvelle recrue officiait auparavant pour les services de renseignement extérieurs, et a fait partie des neuf agents russes découverts et expulsés des Etats-Unis cet été. «Les compétences et l’expérience de Natalia Koutsik seront largement mises à contribution par Transneft. Personne n’a l’intention de lui offrir un travail pépère», a précisé Nikolaï Tokarev, le patron de ce groupe contrôlé par l'Etat russe.

Le ton est donné. Un autre espion, Andreï Bezroukov, qui a rejoint Rosneft en décembre dernier, sera lui aussi pleinement sollicité. Plus connu aux Etats-Unis sous le nom de Donald Howard Heathfield, ancien PDG de Future Map et ancien associé du cabinet Global Partners, il a en effet été nommé bras droit du patron du puissant groupe pétrolier public. Rien de moins.

Anna Chapman, l'espionne la plus belle 

Quant à la belle et sulfureuse Anna Chapman, qui cumulait ses activités d’espionne et d’employée chez NetJets puis au sein de la banque Barclays, elle a récemment rejoint le fonds d’investissement russe FondsServiceBank, qui finance les sociétés publiques ou privées de l’industrie aérospatiale russe. Elle projette par ailleurs d’animer une émission télévisée sur les «secrets du monde» sur la chaîne privée REN-TV.

Vladimir Poutine mobilise les services secrets russes

Cette vague d’embauches d’espions par les fleurons industriels russes déferle au moment même où la Russie décide de passer à la vitesse supérieure en matière d’intelligence économique. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine a demandé début décembre aux services secrets du pays de prendre davantage part au développement économique, notamment en utilisant leurs techniques militaires de veille et d’analyse de l’information pour recueillir des renseignements économiques, qu’ils sont ensuite priés de bien vouloir transmettre aux entreprises russes.

Et certaines sociétés le rendent bien au Kremlin. Rusnano, qui noue des partenariats public-privé dans le secteur des nanotechnologies, place ainsi en tête des «10 commandements» de son action: «Mettre en œuvre les intérêts du gouvernement. Dans tous les aspects des nanotechnologies, le groupe agit en ligne avec les intérêts de la fédération de Russie, assumant le rôle-clé de coordinateur des politiques d’innovation, destinées à commercialiser les recherches prometteuses et le développement des projets.» On ne saurait être plus clair.

Dans mon précédent billet je fessait référence a la Chine qui passe a la vitesse de la lumière. Et bien
La Russie n’est pas la seule à mobiliser l’expertise de ses militaires pour initier les cadres et dirigeants d’entreprises à la veille stratégique et aux opérations d’influence. Depuis plusieurs années maintenant, la France mobilise ainsi ses gradés pour diffuser ces méthodes dans la sphère économique, en ciblant de préférence les PME - qui sont souvent des proies faciles - pour l’espionnage industriel.