23/02/2014

Diplomatie économique

Mollah et argent font bon menage aux Etats-Unis



Ambassade des états unis à Paris



Apres avoir décidé un embargo sur l'Iran durant des années et apres subit des pressions d'Israel, l'amérique s'ouvre aux marché iranien avec a la clée des milliars pour les industriels. Seul hic, ils ne sont pas seul sur ce coup la !
Plus de 130 patrons français se sont envolés pour Téhéran, lundi 3 février. Il s’agissait de donner vie à des dizaines de contrats après des années d’abstinence dues à une succession d’embargos des Etats-unis. Mais, peu avant le départ, leur enthousiasme a été douché par la réception d’une invitation certains ont cru lire "convocation",  à venir écouter à l’ambassade américaine à Paris les conseils et recommandations de Peter E. Harrell, sous-directeur au Département d’Etat chargé des Menaces financières et des Sanctions. Tout un programme pour mettre des battons dans nos roues ....

Les patrons français, comme leurs concurrents européens et asiatiques, espèrent s’engouffrer dans la brèche ouverte par l’accord signé le 24 novembre entre l’Iran, la Chine, les Etats-Unis, la Russie, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Selon les termes de cet accord, l’Iran s’engage à renoncer au nucléaire - notamment en limitant l’enrichissement de l’uranium - et à accepter toutes les inspections nécessaires. En échange, dans les secteurs non stratégiques, l’embargo peut être desserré. Mais il y a un gros bémol : cet accord n’est signé que pour six mois.

Sam la menace


Avec l’humour d’un prédicateur mormon, l’envoyé spécial de l’Oncle Sam a détaillé les limites du texte. Un exercice qu’il connaît sur le bout des doigts, vu que Paris constituait sa quatrième étape en quatre jours de prêche, après Ankara, Londres et Bruxelles. Primo, l’accord signé, y compris par la France, s’impose à tout le monde pour six mois. Après quoi il sera remplacé par un nouveau texte. Donc les petits malins qui tenteraient de profiter de cette brèche pour conclure des contrats plus longs, ou simplement reconductibles, risquent de subir de sévères représailles de l'oncle Sam.

Deuzio, même si des échanges sont en principe autorisés, le système bancaire iranien est toujours sous un régime de quasi- embargo. Or il est plutôt délicat de faire du business sans passer par les banques. « Ils se foutent du monde>>, confie le président d’une grande entreprise. Ils font semblant d'accepter la concurrence, mais ils nous mettent des bâtons dans les roues sur les circuits financiers. » Et ce représentant d’une industrie stratégique pour l’Iran d’accuser l’administration US de vouloir « piquer » les partenaires historiques des Iraniens. « Les Américains n'ont commencé à appliquer rigoureusement les sanctions contre leurs futurs concurrents qu'à partir du moment où ils ont eu l'intention de revenir en Iran. »

Exemple donné par « Le Figaro » du 1er février : les fournitures pour les avions peuvent être livrées à Iran Air. Mais son concurrent Mahan Air reste sous embargo. Simple hasard ? La première de ces deux compagnies est majoritairement cliente de Boeing, alors que la seconde fonctionne grâce à une flotte de plus de 30 Airbus. Ça vole haut !