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19/01/2017

Clear Channel

LES ÉCRANS LED SÈMENT LA ZIZANIE EN VILLE


Depuis leur installation à Bruxelles il y a plusieurs semaines, les écrans digitaux de l’afficheur Clear Channel suscitent la polémique. Absence de permis d’urbanisme, danger pour la sécurité routière, menace sur la vie privée...
Ces nouveaux supports publicitaires qui glorifient l’image animée et renferment parfois des caméras discrètes ne sont pas au goût de tous les citoyens.

Sur les artères de la ville, les images sont nettes et lumineuses. Mais en coulisses, c’est plutôt le triomphe du flou artistique. Depuis quelques semaines, Bruxelles a en effet vu fleurir de nouveaux supports publicitaires sur ses trottoirs : une centaine d’écrans led qui ont relégué le papier et les images fixes au grenier des vieilles pratiques commerciales. Nouvel espace de jeu pour les annonceurs, le digital aiguise la créativité des publicitaires et permet surtout aux marques d’afficher des messages animés et «flexibles» puisqu’ils peuvent être dynamisés, modifiés ou remplacés en quelques clics de souris.
Certes, les écrans numériques ne sont pas neufs dans le paysage belge. Ils égayent les gares et les aéroports depuis quelques années déjà. Mais leur apparition récente sur les trottoirs de la capitale génère aujourd’hui quelques polémiques : collision frontale avec les règles du code de la route, absence de permis d’urbanisme pour certains, caméras intégrées qui défient la vie privée pour d’autres... Les nouveaux supports digitaux qui ont émergé en ville déchaînent les passions et aiguisent les susceptibilités. Et dans ce grand micmac qui mêle les autorités de la Ville, une société privée, la Région de Bruxelles-Capitale, des politiciens et la Commission de la protection de la vie privée, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver...

Utiles mais dérangeants

Flash-back. Il y a 15 mois, la société d’affichage Clear Channel décroche le contrat d’exploitation du mobilier urbain de la Ville de Bruxelles, soit plus de 1.000 faces publicitaires déployées dans les abribus et sur des supports autonomes qu’on appelle volontiers des « sucettes » dans le jargon. L’appel d’offres lancé par les autorités communales opposait alors Clear Channel à son concurrent historique JCDecaux pour le renouvellement, l’entretien et l’exploitation du parc existant, mais aussi pour l’installation de 100 nouveaux écrans digitaux de 2 m2 sur les axes les plus fréquentés de la capitale (place Louise, avenue de la Toison d’Or, boulevard de Waterloo, place de Brouckère...).

«Il faut savoir qu’il y a une réelle demande de la part des annonceurs pour ce genre de supports numériques, explique aujourd’hui Michel Jadoul, directeur marketing de Clear Channel Belgium. Mais il y a aussi une demande de la part des autorités communales qui souhaitent s’inscrire de plus en plus dans une stratégie de ‘smart city’. Les villes recherchent de nouveaux moyens de communiquer en temps réel et nos écrans digitaux peuvent leur offrir cette opportunité. Il ne s’agit donc plus d’un support 100 % publicitaire, mais bien d’un nouveau média qui peut être à tout moment utilisé pour diffuser aussi bien des informations culturelles que des messages d’intérêt général comme, par exemple, un gros problème de circulation ou une alerte enlèvement. »

Noble sur le papier, la nouvelle dimension citoyenne de ces écrans digitaux ne doit toutefois pas occulter les problèmes que soulève leur déploiement à Bruxelles, à commencer par la pollution visuelle et l’éventuelle dangerosité qu’ils peuvent représenter pour les automobilistes. Epinglés par l’Institut belge de la sécurité routière (IBSR), plusieurs écrans led semblent en effet être en infraction avec l’article 80.2 du Code belge de la route qui précise : « Il est interdit d’établir sur la voie publique des panneaux publicitaires, enseignes ou autres dispositifs qui éblouissent les conducteurs (...) ou nuisent de toute autre manière à l’efficacité des signaux réglementaires. Il est interdit de donner une luminosité d’un ton rouge ou vert à tout panneau publicitaire, enseigne ou dispositif se trouvant dans une zone s’étendant jusqu’à 75 m d’un signal lumineux de circulation, à une hauteur inférieure à 7 m au-dessus du sol ».

Une simple promenade sur l’avenue Louise conforte d’emblée le malaise ambiant. «Nous ne sommes pas ici face à un problème extrêmement grave de sécurité routière, mais il convient toutefois de tirer la sonnette d’alarme, précise Benoît Godart, porte-parole de l’IBSR. Un automobiliste qui renverserait un piéton à Bruxelles pourrait très bien mettre en cause ces panneaux digitaux, se retourner contre la Ville ou la Région et bénéficier ainsi d’une porte de sortie inespérée. Il est donc grand temps de se demander s’il est vraiment opportun d’installer des panneaux led à proximité des feux rouges dans la capitale. »

Où sont les permis ?

Bizarrement, la question du danger potentiel ne se pose pas de la même façon selon que l’on se trouve au centre ou au sud du pays. En Région wallonne, le ministre de la Sécurité routière Carlo di Antonio a ainsi adressé une circulaire à l’Administration des Routes encadrant, de manière stricte, l’installation de panneaux led le long des voiries régionales avec, notamment, le respect des 75 m vierges de tout écran à l’approche d’un carrefour. Ce qui n’est visiblement pas le cas en Région bruxelloise où le flou artistique subsiste depuis trois mois, au grand dam de la parlementaire Céline Delforge qui s’apprête à interpeller, pour la deuxième fois, le ministre-président Rudi Vervoort à ce sujet. «La totalité des panneaux actuellement installés à Bruxelles contreviennent, et de loin, aux règles élémentaires de sécurité, s’indigne la députée écolo. On peut dès lors s’interroger sur l’apparition de ces panneaux dans notre Région et le danger qu’ils représentent, sauf à prétendre que l’automobiliste ou le cycliste bruxellois dispose d’un cerveau différent de celui de ses voisins wallons. »

Mais ce qui irrite particulièrement Céline Delforge, c’est «le laxisme ou l’incompétence de la Région» (sic) dans ce dossier où il apparaît que Clear Channel a déployé ses nouveaux panneaux sans aucun permis d’urbanisme. La demande d’interpellation que la parlementaire bruxelloise vient d’adresser à Rudi Vervoort pose d’ailleurs la question suivante:«Je souhaiterais que vous m’expliquiez comment il est possible qu’une société privée installe en toute impunité des dispositifs non seulement sans disposer des autorisations de voirie mais en plus en contravention avec les règles du RRU (le Règlement régional d’urbanisme, Ndlr). L’installation des panneaux incriminés a pourtant nécessité des chantiers impliquant d’importantes ouvertures de trottoirs pour raccorder le dispositif au réseau. »

Recours et aménagements

Du côté de Clear Channel, on joue la carte de la bonne foi, en prétendant (naïvement? ) que l’appel d’offres lancé par la Ville de Bruxelles laissait supposer que ces permis existaient déjà dans les tiroirs de l’administration et dispensait donc l’afficheur de toute démarche, ce qui fait sourire aujourd’hui la porte-parole de l’échevin bruxellois de l’Urbanisme : « Clear Channel n’est pas novice dans le secteur, ironise Aline Glaudot. La société fait l’étonnée mais elle savait très bien que certains mobiliers urbains devaient faire l’objet d’un nouveau permis d’urbanisme. Depuis, les demandes de permis ont été introduites et le dossier suit son cours. Mais la décision finale revient toutefois à la Région dont nous suivons l’avis. Certains panneaux ont ainsi été autorisés, d’autres le seront moyennant des repositionnements sur les trottoirs et plusieurs demandes ont été purement et simple- ment refusées. »

Sur les 53 demandes de permis d’urbanisme introduites par Clear Channel pour ses nouveaux supports bruxellois (les abribus n’étant pas concernés par cette contrainte administrative), 25 ont été refusées, si l’on en croit le cabinet de l’échevin de l’Urbanisme de la Ville de Bruxelles. En théorie, ces écrans déclarés illégaux doivent donc être retirés par la société d’affichage... qui a toutefois introduit un recours contre ces refus et maintient donc les supports contestés dans les rues. Bref, la situation est complexe et fera encore l’objet de nombreux aménagements, d’autant plus que la secrétaire d’Etat à la Région de Bruxelles-Capitale en charge de la Sécurité routière veut revoir le règlement en vigueur : « Pour analyser ce phénomène finalement assez récent, il y a actuellement une concertation en cours entre mon administration (Bruxelles Mobilité) et l’administration de l’urbanisme (Bruxelles Développement Urbain), explique Bianca Debaets. Vraisemblablement, il y aura des adaptations à la réglementation qui pourrait devenir plus stricte, notamment pour mieux encadrer ce phénomène de panneaux led avec des images en couleurs et en mouvement. Les propositions arriveront prochainement sur la table du gouvernement.»

Souriez, vous êtes filmés

Depuis les deux premières polémiques relatives à la sécurité routière et aux permis d’urbanisme, une autre controverse s’est ajoutée au délicat dossier des écrans digitaux à Bruxelles, s’attardant cette fois sur la protection de la vie privée. A nouveau levé par la députée écolo Céline Delforge, le lièvre des caméras intégrées aux panneaux numériques a en effet suscité une vague d’indignation parmi les allergiques au flicage publicitaire et une «opération commando» de masquage des écrans a même été menée par un collectif anti-pub. « Je me suis un jour aperçue que certains supports digitaux renfermaient des mini-objectifs très discrets, raconte la parlementaire bruxelloise, et ceci sans que cela soit mentionné nulle part sur la structure. Ces panneaux posent de nombreuses questions au regard du respect de la vie privée, de l’utilisation des données qui découlent des images enregistrées et de leur éventuelle transmission via les réseaux sociaux. Visiblement, le citoyen n’est pas protégé dans l’espace public et on a l’impression qu’on vit dans une république bananière...»

Chez Clear Channel, on relativise le « problème », stipulant que l’ajout de caméras aux écrans digitaux fait partie de l’évolution des mœurs publicitaires. «Sur les 100 écrans digitaux que nous avons installés à Bruxelles, seuls 10 d’entre eux sont tactiles et ont une caméra intégrée, précise le directeur marketing Michel Jadoul. Le but n’est absolument pas de filmer ce qui se passe en continu dans la rue comme c’est le cas avec les caméras de surveillance, mais bien de mener de temps à autre des opérations ludiques en jouant avec la réalité augmentée et les effets miroir. Nous n’avons d’ailleurs pas d’espaces de stockage vidéo et, de toute façon, nous ne pourrions rien faire de ces images. Avec ces écrans tactiles, nous voulons simplement égayer le quotidien des gens qui demandent plus de créativité et plus d’interaction dans la publicité. Ces caméras ne sont activées que pour des opérations ponctuelles au cours desquelles le passant est informé qu’il est filmé. Bref, il faut arrêter de voir le mal partout pour Clear Channel ....»

Une prise de position qui n’émeut guère Céline Delforge : « Moi, je ne marche pas à la confiance, rétorque la députée écolo. Clear Channel est une société commerciale qui vit de la publicité et qui se moque de l’intérêt collectif. Or, on sait que les annonceurs recourent au neuromarketing et que les images filmées peuvent donc être utilisées à des fins publicitaires. Mais ce qui me surprend le plus, c’est que les autorités laissent faire et qu’on ne vérifie pas si toutes ces pratiques sont conformes à la loi ou pas. Visiblement, les rentrées publicitaires priment sur le respect de la vie privée des citoyens et de leur sécurité en ville. »

Pas d’atteinte à la vie privée

Selon le journal Le Soir, les nouveaux supports déployés par Clear Channel rapporteraient deux millions d’euros par an à la Ville de Bruxelles, ce que la société d’affichage refuse de confirmer. De quoi se montrer plus conciliant dans la gestion de ce dossier délicat?

Quoi qu’il en soit, la Commission de la protection de la vie privée ne semble pas alarmée par le déploiement de ces quelques écrans digitaux avec caméras intégrées. « Nous avons été contactés par Clear Channel à ce sujet, répond Sarah Boulerhcha, responsable communication de cet organe indépendant. L’entreprise veut obtenir des réponses à ses questions et semble de bonne volonté à faire les choses dans les règles. Le dossier est en cours, mais nous ne voyons pas, dans un premier temps, de problème majeur avec ces caméras car elles ne filmeraient que les personnes qui entrent en interaction avec elles. De plus, les images ne seraient en aucun cas stockées quelque part. C’est une interaction ‘en direct’, tel un effet miroir. C’est ce que nous avons d’ailleurs répondu aussi à la Ville de Bruxelles qui nous a également posé la question sans toutefois demander un avis officiel. A partir du moment où les personnes filmées sont informées de cette interaction et qu’elles marquent implicitement leur accord en jouant le jeu, il n’y a aucun problème à nos yeux. »

De quoi permettre à Clear Channel de se concentrer désormais sur les deux premiers dossiers sensibles : les permis d’urbanisme refusés et les éventuels problèmes de sécurité routière..



01/06/2014

Marketing et performance

Des résultats en échange de l'argent



Marketing a la performance



Ne payer que ce qui rapporte: c’est le prérequis, légitime, de toute stratégie marketing sur Internet. Pour ce faire, les annonceurs disposent de techniques diverses et complémentaires.

Sur Internet, tout se mesure. Le postulat n’est pas nouveau. Pour autant, nul ne peut nier que l’évaluation de l’efficacité des campagnes en ligne s’est considérablement complexifiée avec l’explosion des technologies numériques et la digitalisation galopante des comportements de consommation. 
En 2013, les ventes sur Internet ont encore progressé en France, dépassant 600 millions de transactions (+17,5% par rapport à 2012) et 51 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+13,5%). Plus massivement présentes sur les écrans numériques, les marques sont également de plus en plus exigeantes quant à la viabilité de leurs investissements.

Le marketing à la performance regroupe tous les leviers actionnables en ligne pour accompagner et stimuler en temps réel le parcours de l’internaute en fonction d’objectifs qui, s’ils sont atteints, détermineront la rémunération des prestataires ou partenaires, celle-ci pouvant se calculer sur différents modèles.

Logique de retour sur investissement (ROI) oblige, le marketing à la performance représente l’un des premiers postes budgétaires de communication en ligne des annonceurs. «Et la tendance ne pourra que s’accélérer avec le développement des fonctionnalités mobiles, essor de la géolocalisation et, demain, des objets connectés», précise Olivier Mazeron, président de Group M Interaction.

Reste que face à la jeunesse des expertises du marketing à la performance, les annonceurs et leurs prestataires sont encore dans une logique d’apprentissage tous azimuts. La plupart des campagnes mobilisent aujourd’hui plusieurs ressorts de front et le grand enjeu du marketing à la performance tient à la capacité des uns et des autres à pouvoir isoler précisément la contribution de chaque levier à la performance globale des campagnes. Et à ne pas oublier qu’il s’inscrit dans une stratégie de communication.

Concilier données médias et CRM

«Le marketing à la performance ne fera jamais de miracle s'il n'est pas adossé à un travail de fond sur la notoriété. Pire, il peut même rapidement s'avérer dommageable en termes d'image».  Si on le projette au bout de sa logique, le marketing à la performance vise à concilier données médias et données CRM. Performics (Publicis Groupe) a ainsi récemment lancé Live Profiler, un outil de ciblage en temps réel faisant dialoguer données de navigation (anonymes) et informations liées au comportement du client (personnalisées). Tour d’horizon des techniques employées.


Le Search
Passeport obligé pour les moteurs de recherche

Un site ne va monter «naturellement» dans des moteurs de recherche qu’à partir de trois à six mois d’existence. Et il lui sera difficile d’apparaître en première page de Google avant une année. Pour être visible sur les pages des moteurs, il lui faut donc, dans un premier temps, passer par du référencement payant, ou search engine marketing (SEM), via l’achat de mots-clés. Des mots-clés, il s’en vend à tous les prix: de 0,10 euro le clic pour des aspirateurs industriels à 2 euros le clic pour du rachat de crédits. Le SEM est conseillé pour une visibilité immédiate et garantie. Seules les marques les plus installées peuvent se passer de référencement payant et se contenter d’un référencement naturel, ou search engine optimization (SEO), qui consiste à disséminer des mots-clés dans le site pour augmenter sa présence dans les moteurs de recherche.

Le SEO relève d’un travail récurrent, à long terme, indispensable à la survie d’un site. Selon l’Observatoire de l’e-pub du Syndicat des régies Internet (SRI), le search a poursuivi sa croissance en 2013 (+5%) et consolidé sa place de numéro un dans le mix digital. Il représente un chiffre d’affaires de 1,67 milliard d’euros, soit 58% du marché de la publicité en ligne en France. L’étude montre en outre que les annonceurs recherchent un équilibre entre référencement payant et référencement naturel dans leur stratégie d’acquisition.

Le display
Explosion des enchères en temps réel

Le display vise à faire connaître une marque ou une offre via l’achat de bannières publicitaires pour générer du trafic vers le site de l’annonceur. S’il est quasiment un passage obligé pour générer rapidement de la notoriété en ligne, le display est plus difficile à maîtriser qu’il n’y paraît car les taux de clic sont extrêmement élastiques selon les campagnes. Les performances varient selon le format (468x60,728x90,300x250...), son emplacement sur la page, le choix créatif et la durée d’affichage, mais aussi en fonction du capital de notoriété ou de sympathie de l’annonceur. En moyenne, les taux de clic restent très faibles, ne dépassant pas 0,10-0,15%.

Les annonceurs peuvent également opter pour le real time bidding (RTB), en achetant des publicités auprès de «trading desks» d’inventaires en temps réel afin d’augmenter la performance de leurs campagnes. Le display, qui interagit principalement en amont du processus de conversion et de transformation, reste l’un des leviers les plus difficiles à mesurer. Même si «l'une des grandes nouveautés du marketing à la performance tient sans doute à la possibilité de mesurer la visibilité des bannières non cliquées. Il est désormais possible d’estimer leur contribution aux ventes post-impression».

Deuxième segment en valeur de la publicité en ligne, le display maintient sa croissance en 2013 (+2%), avec un chiffre d’affaires de 753millions d’euros, soit 26% du marché, selon le SRI. La dynamique de ce segment s’observe dans la forte croissance du display vidéo (+32%) et la part accrue du RTB (+125%) qui, en 2013, atteint 16% des investissements publicitaires, ainsi que le déploiement du display sur mobile et tablettes, qui représente 10% du display pour 79 millions d’euros investis.

L’e mailing
Le chouchou des internautes français

L’e-mailing à la performance consiste à envoyer un maximum de courriels par l’intermédiaire de partenaires et prestataires qui vont monétiser leur base de données en fonction d’un objectif établi. Les bases de données monétisées sur la performance se comptent par centaines, auprès d’acteurs généralistes ou spécialisés du marketing en ligne: Axciom, 1000 Mercis Group, Predictys, etc.

Si l’e-mailing reste le média préféré des Français pour suivre l’actualité et les offres d’une marque (source Syndicat national de la communication directe), il est aussi le premier levier en termes de taux de clic, de taux de conversion et de ROI. À condition de respecter certaines précautions: la définition précise des objectifs, la qualité des éléments de forme et de fond du message (objet, graphisme, incentive, visuels...), l’attention portée à la délivrabilité, l’optimisation de la «landing page» et du tunnel de transformation, l’analyse fine des résultats via tous les indicateurs de performance (taux d’ouverture, de clic et de transformation). Avec un chiffre d’affaires 2013 de 94 millions d’euros, l'e-mailing publicitaire connaît un léger recul de 1% (par rapport à 2012).


Le retargeting
Déclinaison très aboutie de la publicité comportementale

Le «retargeting», ou reciblage, peut prendre deux formes: retargeting publicitaire et e-mail retargeting. Dans les deux cas, il s’agit d’adresser un message spécifique à un internaute ayant visité un site. Déclinaison la plus aboutie de la publicité comportementale, le reciblage publicitaire vise à faire revenir l’internaute sur le site qu’il a quitté sans acheter. Premier e-marchand à avoir développé cette technique, Amazon assurerait aujourd’hui plus de 30% de ses ventes de cette façon.

Inspiré des principes du reciblage publicitaire, l’e-mail retargeting repose sur l’identification, au travers de cookies, de visiteurs dont on possède l’e-mail et l’autorisation d’usage associée. L’analyse en temps réel de leur navigation va permettre de leur envoyer automatiquement un courrier commercial, pour augmenter ou accélérer la transformation. L’e-mail retargeting, qui représente 10% du marché de l’e-mailing publicitaire, est surtout utilisé pour la relance d’internautes ayant abandonné leur panier d’achat avant la transaction ou ayant visualisé une fiche produit sans aller plus loin.


Le site Under
Efficace, mais à utiliser avec modération

Le site «under» est une page d’accueil placée derrière une page visitée d’un site support et qui s’affiche après la fermeture de la fenêtre de navigation. En plongeant directement l’internaute dans le site de l’annonceur, cette technique répond à des objectifs de génération de trafic à moindre coût. Elle a d’ailleurs longtemps servi pour gonfler artificiellement l’audience et le classement de certains sites dans les données de panels. Considérée comme intrusive, peu qualitative en termes d’expérience de navigation et risquée en termes d’image pour les sites supports, elle a perdu un peu de son attrait, mais demeure encore très utilisée par des sites supports de second rang ou d’affiliation rémunérés à la performance. Le site under est également un levier intéressant pour des sites marchands cherchant à promouvoir un aspect moins connu de leur activité ou une filiale


LES SITES AFFINITAIRES

Des vitrines qualitatives

L’affiliation est basée sur une relation contractuelle entre un annonceur qui souhaite communiquer ou vendre et un diffuseur (aussi appelé affilié ou éditeur) cherchant à monétiser son trafic et/ou enrichir son contenu en insérant des contenus de l’annonceur. Le marché se partage entre de nombreux réseaux (Trade Doubleur, Zanox, Effiliation, etc.). Comparateurs, sites de contenus, blogs, places de marché... quelle que soit leur forme, les sites affinitaires ou affiliés sont des vitrines Web dont le positionnement ou l’audience présente un accord direct avec la cible, l’offre ou le secteur de l’annonceur. Ils offrent de ce fait un environnement qualitatif favorable à l’achat d’espaces publicitaires. Choisi en fonction de son trafic et/ou de la pertinence de son contenu, l’affilié sera rémunéré au prorata du chiffre d’affaires apporté. En 2013, l’affiliation a généré un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros, en hausse de 1%.

LES SITES DE CASHBACk
Des aiguillons pour l’acte d’achat

Les sites de «cashback» se proposent de rétribuer les internautes qui achètent sur des sites affiliés. Cette rétribution est en fait une rétrocommission sous forme de «cash», d’épargne ou de bons de réduction. Les plates-formes de cashback constituent et animent ainsi d’importantes bases d’internautes, qui sont autant de viviers d’acheteurs captifs pour les cybermarchands.

LES COMPARATEURS DE PRIX
Prisés des internautes avec de forts taux de conversion

Créés par des prestataires, qu’ils soient généralistes ou spécialisés, ou bien par des distributeurs, les comparateurs de prix (comme Leguide.com, Kelkoo.fr, Twenga.fr, Achetezfacile.com, etc.) permettent à l’internaute, lors de la recherche d’un produit, de mettre en balance les offres proposées par les sites ou les distributeurs et d’acheter le produit au meilleur prix. Ainsi, 60% des internautes utiliseraient régulièrement les comparateurs de prix avant d’effectuer un achat. Ces derniers enregistrent des taux de conversion particulièrement élevés, compris entre 1% et 3% selon les plates-formes. À noter: le coût d’acquisition dépend très fortement de la qualité du catalogue de produits. Pour optimiser leur référencement, les commerçants doivent impérativement veillera actualiser en permanence leurs offres et leurs promotions.
En 2013, les comparateurs ont affiché une croissance de 1%, réalisant un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros.

LA COREGISTRATION
Des adresses «opt-in» et affinitaires à moindre coût

La coregistration est une méthode de collecte d’adresses «opt-in» B to C peu coûteuse (de 0,15 à 0,50 euro par contact). Elle permet de recruter des contacts qualifiés et affinitaires par le biais de sites éditeurs tiers, comme Advertise me, Advertstream Direct, Base&Co ou encore Butineo, qui sont rémunérés par l’annonceur au coût par lead. La collecte se fait notamment au travers d’inscription à des newsletters ou de réponse à des invitations.
Si la coregistration semble assurer des taux de transformation intéressants, elle ne garantit pas pour autant la fiabilité des contacts. Les bases de données constituées requièrent donc un vrai travail d’animation.

LE SOCIAL MARKETING A LA PERFORMANCE
Le hashtag a son audience

Le hashtag, nouvelle valeur du marketing à la performance? La jeune société strasbourgeoise Black Angus vient de créer Houmus (www.houm.us), une plate-forme permettant aux marques de s’assurer un retour sur investissement sur les réseaux sociaux avec l’aide d’internautes ambassadeurs. «Le système fonctionne sur la base d’une rémunération des messages postés sur Twitter, Facebook ou Instagram par les internautes inscrits sur Houmus», explique Dan Posalski, cofondateur et PDG de Black Angus. Lancée début avril 2014 en bêta test privé, Houmus a déjà notamment séduit le Crédit mutuel, la région Alsace, Red (SFR) et Danone.