23/06/2014

Offre d'emploi de consultant en intelligence strategique

Intelligence stratégique


En Wallonnie ont recrute des "consultant" diplômé en intelligence stratégique IS. Ne vous fiez pas trop a l'annonce, si vous savez de quoi vous parlé ont vous prendra quand même. Le niveau chez eux n'est pas trop élevé, j'en connais parmis eux qui n'ont pas le diplôme et ils sont engagé grâce au pistonnage ;-)



Recrutement en intelligence strategique




01/06/2014

Marketing et performance

Des résultats en échange de l'argent



Marketing a la performance



Ne payer que ce qui rapporte: c’est le prérequis, légitime, de toute stratégie marketing sur Internet. Pour ce faire, les annonceurs disposent de techniques diverses et complémentaires.

Sur Internet, tout se mesure. Le postulat n’est pas nouveau. Pour autant, nul ne peut nier que l’évaluation de l’efficacité des campagnes en ligne s’est considérablement complexifiée avec l’explosion des technologies numériques et la digitalisation galopante des comportements de consommation. 
En 2013, les ventes sur Internet ont encore progressé en France, dépassant 600 millions de transactions (+17,5% par rapport à 2012) et 51 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+13,5%). Plus massivement présentes sur les écrans numériques, les marques sont également de plus en plus exigeantes quant à la viabilité de leurs investissements.

Le marketing à la performance regroupe tous les leviers actionnables en ligne pour accompagner et stimuler en temps réel le parcours de l’internaute en fonction d’objectifs qui, s’ils sont atteints, détermineront la rémunération des prestataires ou partenaires, celle-ci pouvant se calculer sur différents modèles.

Logique de retour sur investissement (ROI) oblige, le marketing à la performance représente l’un des premiers postes budgétaires de communication en ligne des annonceurs. «Et la tendance ne pourra que s’accélérer avec le développement des fonctionnalités mobiles, essor de la géolocalisation et, demain, des objets connectés», précise Olivier Mazeron, président de Group M Interaction.

Reste que face à la jeunesse des expertises du marketing à la performance, les annonceurs et leurs prestataires sont encore dans une logique d’apprentissage tous azimuts. La plupart des campagnes mobilisent aujourd’hui plusieurs ressorts de front et le grand enjeu du marketing à la performance tient à la capacité des uns et des autres à pouvoir isoler précisément la contribution de chaque levier à la performance globale des campagnes. Et à ne pas oublier qu’il s’inscrit dans une stratégie de communication.

Concilier données médias et CRM

«Le marketing à la performance ne fera jamais de miracle s'il n'est pas adossé à un travail de fond sur la notoriété. Pire, il peut même rapidement s'avérer dommageable en termes d'image».  Si on le projette au bout de sa logique, le marketing à la performance vise à concilier données médias et données CRM. Performics (Publicis Groupe) a ainsi récemment lancé Live Profiler, un outil de ciblage en temps réel faisant dialoguer données de navigation (anonymes) et informations liées au comportement du client (personnalisées). Tour d’horizon des techniques employées.


Le Search
Passeport obligé pour les moteurs de recherche

Un site ne va monter «naturellement» dans des moteurs de recherche qu’à partir de trois à six mois d’existence. Et il lui sera difficile d’apparaître en première page de Google avant une année. Pour être visible sur les pages des moteurs, il lui faut donc, dans un premier temps, passer par du référencement payant, ou search engine marketing (SEM), via l’achat de mots-clés. Des mots-clés, il s’en vend à tous les prix: de 0,10 euro le clic pour des aspirateurs industriels à 2 euros le clic pour du rachat de crédits. Le SEM est conseillé pour une visibilité immédiate et garantie. Seules les marques les plus installées peuvent se passer de référencement payant et se contenter d’un référencement naturel, ou search engine optimization (SEO), qui consiste à disséminer des mots-clés dans le site pour augmenter sa présence dans les moteurs de recherche.

Le SEO relève d’un travail récurrent, à long terme, indispensable à la survie d’un site. Selon l’Observatoire de l’e-pub du Syndicat des régies Internet (SRI), le search a poursuivi sa croissance en 2013 (+5%) et consolidé sa place de numéro un dans le mix digital. Il représente un chiffre d’affaires de 1,67 milliard d’euros, soit 58% du marché de la publicité en ligne en France. L’étude montre en outre que les annonceurs recherchent un équilibre entre référencement payant et référencement naturel dans leur stratégie d’acquisition.

Le display
Explosion des enchères en temps réel

Le display vise à faire connaître une marque ou une offre via l’achat de bannières publicitaires pour générer du trafic vers le site de l’annonceur. S’il est quasiment un passage obligé pour générer rapidement de la notoriété en ligne, le display est plus difficile à maîtriser qu’il n’y paraît car les taux de clic sont extrêmement élastiques selon les campagnes. Les performances varient selon le format (468x60,728x90,300x250...), son emplacement sur la page, le choix créatif et la durée d’affichage, mais aussi en fonction du capital de notoriété ou de sympathie de l’annonceur. En moyenne, les taux de clic restent très faibles, ne dépassant pas 0,10-0,15%.

Les annonceurs peuvent également opter pour le real time bidding (RTB), en achetant des publicités auprès de «trading desks» d’inventaires en temps réel afin d’augmenter la performance de leurs campagnes. Le display, qui interagit principalement en amont du processus de conversion et de transformation, reste l’un des leviers les plus difficiles à mesurer. Même si «l'une des grandes nouveautés du marketing à la performance tient sans doute à la possibilité de mesurer la visibilité des bannières non cliquées. Il est désormais possible d’estimer leur contribution aux ventes post-impression».

Deuxième segment en valeur de la publicité en ligne, le display maintient sa croissance en 2013 (+2%), avec un chiffre d’affaires de 753millions d’euros, soit 26% du marché, selon le SRI. La dynamique de ce segment s’observe dans la forte croissance du display vidéo (+32%) et la part accrue du RTB (+125%) qui, en 2013, atteint 16% des investissements publicitaires, ainsi que le déploiement du display sur mobile et tablettes, qui représente 10% du display pour 79 millions d’euros investis.

L’e mailing
Le chouchou des internautes français

L’e-mailing à la performance consiste à envoyer un maximum de courriels par l’intermédiaire de partenaires et prestataires qui vont monétiser leur base de données en fonction d’un objectif établi. Les bases de données monétisées sur la performance se comptent par centaines, auprès d’acteurs généralistes ou spécialisés du marketing en ligne: Axciom, 1000 Mercis Group, Predictys, etc.

Si l’e-mailing reste le média préféré des Français pour suivre l’actualité et les offres d’une marque (source Syndicat national de la communication directe), il est aussi le premier levier en termes de taux de clic, de taux de conversion et de ROI. À condition de respecter certaines précautions: la définition précise des objectifs, la qualité des éléments de forme et de fond du message (objet, graphisme, incentive, visuels...), l’attention portée à la délivrabilité, l’optimisation de la «landing page» et du tunnel de transformation, l’analyse fine des résultats via tous les indicateurs de performance (taux d’ouverture, de clic et de transformation). Avec un chiffre d’affaires 2013 de 94 millions d’euros, l'e-mailing publicitaire connaît un léger recul de 1% (par rapport à 2012).


Le retargeting
Déclinaison très aboutie de la publicité comportementale

Le «retargeting», ou reciblage, peut prendre deux formes: retargeting publicitaire et e-mail retargeting. Dans les deux cas, il s’agit d’adresser un message spécifique à un internaute ayant visité un site. Déclinaison la plus aboutie de la publicité comportementale, le reciblage publicitaire vise à faire revenir l’internaute sur le site qu’il a quitté sans acheter. Premier e-marchand à avoir développé cette technique, Amazon assurerait aujourd’hui plus de 30% de ses ventes de cette façon.

Inspiré des principes du reciblage publicitaire, l’e-mail retargeting repose sur l’identification, au travers de cookies, de visiteurs dont on possède l’e-mail et l’autorisation d’usage associée. L’analyse en temps réel de leur navigation va permettre de leur envoyer automatiquement un courrier commercial, pour augmenter ou accélérer la transformation. L’e-mail retargeting, qui représente 10% du marché de l’e-mailing publicitaire, est surtout utilisé pour la relance d’internautes ayant abandonné leur panier d’achat avant la transaction ou ayant visualisé une fiche produit sans aller plus loin.


Le site Under
Efficace, mais à utiliser avec modération

Le site «under» est une page d’accueil placée derrière une page visitée d’un site support et qui s’affiche après la fermeture de la fenêtre de navigation. En plongeant directement l’internaute dans le site de l’annonceur, cette technique répond à des objectifs de génération de trafic à moindre coût. Elle a d’ailleurs longtemps servi pour gonfler artificiellement l’audience et le classement de certains sites dans les données de panels. Considérée comme intrusive, peu qualitative en termes d’expérience de navigation et risquée en termes d’image pour les sites supports, elle a perdu un peu de son attrait, mais demeure encore très utilisée par des sites supports de second rang ou d’affiliation rémunérés à la performance. Le site under est également un levier intéressant pour des sites marchands cherchant à promouvoir un aspect moins connu de leur activité ou une filiale


LES SITES AFFINITAIRES

Des vitrines qualitatives

L’affiliation est basée sur une relation contractuelle entre un annonceur qui souhaite communiquer ou vendre et un diffuseur (aussi appelé affilié ou éditeur) cherchant à monétiser son trafic et/ou enrichir son contenu en insérant des contenus de l’annonceur. Le marché se partage entre de nombreux réseaux (Trade Doubleur, Zanox, Effiliation, etc.). Comparateurs, sites de contenus, blogs, places de marché... quelle que soit leur forme, les sites affinitaires ou affiliés sont des vitrines Web dont le positionnement ou l’audience présente un accord direct avec la cible, l’offre ou le secteur de l’annonceur. Ils offrent de ce fait un environnement qualitatif favorable à l’achat d’espaces publicitaires. Choisi en fonction de son trafic et/ou de la pertinence de son contenu, l’affilié sera rémunéré au prorata du chiffre d’affaires apporté. En 2013, l’affiliation a généré un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros, en hausse de 1%.

LES SITES DE CASHBACk
Des aiguillons pour l’acte d’achat

Les sites de «cashback» se proposent de rétribuer les internautes qui achètent sur des sites affiliés. Cette rétribution est en fait une rétrocommission sous forme de «cash», d’épargne ou de bons de réduction. Les plates-formes de cashback constituent et animent ainsi d’importantes bases d’internautes, qui sont autant de viviers d’acheteurs captifs pour les cybermarchands.

LES COMPARATEURS DE PRIX
Prisés des internautes avec de forts taux de conversion

Créés par des prestataires, qu’ils soient généralistes ou spécialisés, ou bien par des distributeurs, les comparateurs de prix (comme Leguide.com, Kelkoo.fr, Twenga.fr, Achetezfacile.com, etc.) permettent à l’internaute, lors de la recherche d’un produit, de mettre en balance les offres proposées par les sites ou les distributeurs et d’acheter le produit au meilleur prix. Ainsi, 60% des internautes utiliseraient régulièrement les comparateurs de prix avant d’effectuer un achat. Ces derniers enregistrent des taux de conversion particulièrement élevés, compris entre 1% et 3% selon les plates-formes. À noter: le coût d’acquisition dépend très fortement de la qualité du catalogue de produits. Pour optimiser leur référencement, les commerçants doivent impérativement veillera actualiser en permanence leurs offres et leurs promotions.
En 2013, les comparateurs ont affiché une croissance de 1%, réalisant un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros.

LA COREGISTRATION
Des adresses «opt-in» et affinitaires à moindre coût

La coregistration est une méthode de collecte d’adresses «opt-in» B to C peu coûteuse (de 0,15 à 0,50 euro par contact). Elle permet de recruter des contacts qualifiés et affinitaires par le biais de sites éditeurs tiers, comme Advertise me, Advertstream Direct, Base&Co ou encore Butineo, qui sont rémunérés par l’annonceur au coût par lead. La collecte se fait notamment au travers d’inscription à des newsletters ou de réponse à des invitations.
Si la coregistration semble assurer des taux de transformation intéressants, elle ne garantit pas pour autant la fiabilité des contacts. Les bases de données constituées requièrent donc un vrai travail d’animation.

LE SOCIAL MARKETING A LA PERFORMANCE
Le hashtag a son audience

Le hashtag, nouvelle valeur du marketing à la performance? La jeune société strasbourgeoise Black Angus vient de créer Houmus (www.houm.us), une plate-forme permettant aux marques de s’assurer un retour sur investissement sur les réseaux sociaux avec l’aide d’internautes ambassadeurs. «Le système fonctionne sur la base d’une rémunération des messages postés sur Twitter, Facebook ou Instagram par les internautes inscrits sur Houmus», explique Dan Posalski, cofondateur et PDG de Black Angus. Lancée début avril 2014 en bêta test privé, Houmus a déjà notamment séduit le Crédit mutuel, la région Alsace, Red (SFR) et Danone.




13/04/2014

Corruption en Guinée

Pots-de-vin et micros cachés autour d'une mine africaine




FBI corruption en guinée
image d'illustration 

Un businessman français avoue à la justice US qu’il a tenté d’effacer des traces de corruption pour l’octroi d’un fabuleux gisement de fer en Guinée.

EN annonçant, le 10 mars, à ses juges américains qu’il plaiderait coupable, l’homme d’affaires français Frédéric Cilins a provoqué un sacré coup de théâtre. La Cour de New York doit examiner une extraordinaire affaire de corruption internationale. Certains épisodes se sont déroulés en Guinée, d’autres aux Etats-Unis, ou encore en Suisse et en France.

Pendant des mois, et jusqu’à son arrestation, le 14 avril 2013, à l’aéroport de Jacksonville (Floride), le FBI surveillait Cilins, soupçonné de vouloir corrompre la veuve de l’ex-dictateur guinéen Lansana Conté. Pourquoi ? Parce que celle-ci, nommée Mamadie Touré, vivant aux USA, détenait des documents explosifs. Ils prouvaient que, du temps de sa splendeur, son mari avait accordé au groupe minier BSGK, moyennant pots-de-vin, la fabuleuse concession de Simandou, le plus vaste gisement de fer non exploité de la planète. Le bénéficiaire est une boîte plutôt spécialisée dans le diamant, et dirigée par le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz.

Missionné par BSGR, Cilins tentait depuis des semaines de convaincre Mamadie Touré de détruire les papiers compromettants. Mais il ignorait que le FBI enregistrait chacun de leurs appels et de leurs discussions. Comme dans les polars, les flics avaient d’abord « retourné » la veuve pour la conduire à collaborer, puis l’avaient équipée de micros.

Mensonges sur la bande

Quand il a découvert la teneur des enregistrements, les échanges se déroulaient en français, le businessman français a vite compris qu’il n’avait pas le choix : il a basculé, lui aussi, dans le camp de la sincérité. Auparavant, Cilins avait farouchement nié toute mauvaise intention, et le groupe BSGR prétendait le connaître à peine. Mais certains dialogues enregistrés sont cruellement éloquents.

Exemple : Cilins, dont la société, basée aux îles Vierges, a déjà financé une propriété en Floride pour Mamadie Touré, lui promet 5 millions de dollars supplémentaires. Il ajoute :« Il y aura encore plus. Et, ça, c’est la communication qui m’a été donnée directement par le numéro 1. Je ne veux même pas donner son nom. » Puis, en chuchotant : « Beny (Steinmetz). « Un peu plus tard, il lui demande à son interlocutrice de signer un document certifiant que le groupe minier n’a jamais tenté de le corrompre. Lors d’une autre conversation, il lui a même dicté son texte : « Tu dois dire (au FBI) : “Je n’ai jamais touché le moindre centime. Je connais BSGR, mais j’ai rien à voir avec ça.” »

Mais, la priorité absolue, c’est de livrer au broyeur ou aux flammes les fameux papiers. Cilins ne cesse d’y revenir : « C’est un truc qui fait 28 pages. Personne ne sait qu’on a ça (...), c’est une bombe atomique pour toi (...), il faut détruire. Très très urgent (...), il faut tout détruire et nier. »
En comédienne consommée, la veuve joue la surprise et tend la perche à Cilins pour lui faire avouer un forfait avec lequel on ne plaisante pas, outre- Atlantique : « Vous me dites qu’il faut mentir à la (sic) FBI ? « Et son suborneur, après quelques répliques, tombe dans le panneau : « Bien sûr qu’il faut mentir. Sinon, tu peux faire une croix sur les Etats-Unis (et sur la carte de séjour). » Ce qui ne l’empêche pas de lui proposer de se mettre au vert quelque temps :« A ta place, je partirais dans la semaine à Freetown (Sierra Leone) (....), je veux t’aider à partir en Sierra... »

Le FBI sort les menottes

Lors de leur dernier entretien, alors que Mamadie Touré n’a toujours pas donné satisfaction au Français, les flics du FBI décident qu’ils en savent assez. La dernière transcription s’achève sur une phrase digne d’une série policière US. Alors que Cilins vient d’annoncer qu’il va vérifier l’horaire de son vol retour pour Paris, une voix nouvelle apparaît dans l’enregistrement et lui intime cet ordre sec : « Stand up. Put your hands behind your back » (« Debout, mains dans le dos »).

Confondu, Cilins déclarera devant la Cour fédérale de Manhattan : « J’ai proposé de l’argent à un témoin du gouvernement pour quitter les Etats-Unis afin d’éviter un interrogatoire du FBI. Je savais que c’était mal. » Ledit FBI, bien sûr, subodore que ces efforts n’émanaient pas d’un homme isolé.
Le « Wall Street Journal » le surnomme d’ailleurs « le lobbyiste de BSGR », et l’enquête américaine a débouché sur des perquisitions du groupe minier à Paris, à Londres et à Genève. Les juges qui travaillent sur l’affaire voudraient comprendre comment, en 2008, Beny Steinmetz a pu s’offrir, pour 160 millions, des droits de recherche sur le site guinéen de Simandou. Et revendre, deux ans plus tard, 51 % de ces droits au groupe brésilien Vale 2,5 milliards. Ces mesquins n’admettent pas qu’en Afrique on change parfois le fer en or.

Les deux clans croisent le fer

L’AFFAIRE de la mine de Simandou est aussi celle d’une lutte entre groupes et hommes d’influence, au plus haut niveau international. Quand il remporte la première élection pluraliste de Guinée, en décembre 2010, le socialiste Alpha Condé entreprend de remettre à plat l’économie et le Système des concessions minières. Comme l’a raconté « Jeune Afrique » (octobre 2013), son ex-condisciple de lycée Bernard Kouchner lui présente le milliardaire et spéculateur américain George Soros.
Intérêt ou philanthropie ? Celui-ci met à son service plusieurs ONG, qu’il finance, ainsi que le tout-puissant cabinet US d’avocats DLA Piper. L’ex- Premier ministre british Tony Blair se joint bientôt à la fine équipe. Laquelle va découvrir moult turpitudes minières commises par les prédécesseurs d’Alpha Condé, dont celles de Simandou.

De son côté, Beny Steinmetz, qui a perdu ses alliés à la tête de l’Etat guinéen, peut compter sur des soutiens au plus haut niveau en Israël (dont l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert), et, en France, il entretient de bonnes relations avec des députés et ex-ministres UMP, comme Jean-François Copé, Claude Goasguen, Luc Chatel ou Patrick Balkany...

En mai 2013, lorsque Sarkozy est allé rencontrer le Premier ministre Benyamin Netanyahou et soutenir la candidature législative, pour les Français de l’étranger, de Valérie Hoffenberg (finalement battue), c’est Steinmetz qui a pris en charge une partie du voyage. L’UMP est pauvre, et la retraite d’un ancien chef d’Etat tellement chiche...


03/03/2014

Marché arabe

Comprendre les consommateurs du monde arabe


consommateurs arabe
La classe moyenne qui s’y développe aspire au progrès et à la modernité, mais elle ne souhaite pas abandonner ses traditions religieuses.


En 2005, la très discrète Arla Foods, le plus grand producteur scandinave de produits laitiers, était devenu un acteur majeur dans le monde arabe. Les marques de cette coopérative suédo-danoise, telles que Lurpak, Puck et l’éponyme Arla, dominaient les marchés du beurre, du fromage et de la crème au Moyen-Orient : cette année-là, ses ventes y atteignirent 550 millions de dollars, un record. C’est alors que les caricatures firent leur apparition.

Le 30 septembre 2005, le « Jyllands Posten », un journal danois, publia un article intitulé « Le Visage de Mahomet », accompagné d’une douzaine de dessins représentant le prophète de l’Islam de façon peu flatteuse. Cela mit en colère les musulmans du monde entier, et, en janvier 2006, des dignitaires religieux saoudiens appelèrent à boycotter les produits danois. En quelques jours, la plupart des détaillants du monde arabe retirèrent les produits Arla de leurs rayons. L’entreprise organisa alors une campagne de communication massive pour se distancer des caricatures, en insistant sur le fait qu’elle était implantée dans la région depuis quarante ans. Mais, bien que les dignitaires aient levé leur interdiction en avril, ses ventes de 2006 n’atteignirent que la moitié de leur niveau préboycott.

En 2008, dix-sept journaux danois publièrent de nouveau un des dessins controversés, juste au moment où les ventes d’Arla s’étaient presque rétablies. Elles s’effondrèrent donc une fois de plus, ce qui coûta à l’entreprise 274 millions de dollars. Arla fit tout pour se défendre, mais son chiffre d’affaires ne se redressa pas avant 2010 – un signe de l’importance de l’Islam sur les marchés arabes. De fait, cette influence est plus forte dans le monde arabe que dans d’autres nations à forte population musulmane, telles que l’Inde, l’Indonésie et le Bangladesh.

Depuis le 11 septembre 2001, la résurgence de l’Islam fait peur aux multinationales et les rend peu désireuses d’investir dans les vingt-deux pays qui composent la Ligue arabe. Selon un postulat stéréotypé, le monde arabe est une société fermée de mollahs et de militants favorables au djihad et aux fatwas, dont les dirigeants détestent les étrangers, et dont la jeunesse (hommes et femmes confondus) est incitée à mépriser la culture et les produits de l’Occident. Ajoutons les troubles politiques et les conflits armés des révolutions du Printemps arabe – qui ont chassé du pouvoir les chefs d’Etat en Egypte, en Lybie, en Tunisie et au Yémen – et il est facile d’en conclure que la région est instable, chaotique et peu propice aux affaires.

Comme beaucoup d’autres idées concernant le monde arabe, celle-ci est un fruit de l’imagination. Entre 2008 et 2010, j’ai voyagé dans dix-huit pays de la Ligue arabe. J’y ai étudié nombre de marchés et d’entreprises, et rencontré plus de 600 personnes -depuis des P-DG et des entrepreneurs qui travaillaient dans des gratte-ciel jusqu’aux clients des souks et des bazars. Tant les choses que j’ai vues que les rencontres que j’ai faites m’amènent à penser que le marché arabe n’est pas séparé du reste du monde. Les consommateurs ont les mêmes exigences que partout ailleurs, et, en dépit des bouleversements, les marchés de la région sont en croissance, connectés à l’économie globale et extrêmement concurrentiels.

Si la Ligue arabe était un seul pays, son PNB aurait atteint plus de 2300 milliards de dollars en 2011, ce qui en ferait la huitième économie mondiale, devant la Russie ou l’Inde. Le revenu par tête y atteindrait
6700 dollars, soit plus que celui d’un Chinois ou d’un Indien. D’autre part, plus de la moitié de la population a moins de 25 ans, ce qui en fait l’un des marchés mondiaux les plus jeunes.
L’attractivité de la région ne repose plus seulement sur le sommet de la pyramide économique. Une classe moyenne en pleine croissance, qui compte déjà plus de 150 millions de personnes (sur une population totale dépassant 350 millions d’habitants), est occupée à gagner et à dépenser ses revenus. La consommation privée représente 44 % de l’économie de la région, contre 35% en Chine (mais 56% en Inde). Il n’est donc pas étonnant que l’expert du Moyen- Orient Vali Nasr écrive dans «Forces of Fortune», son livre publié en 2011 : «Dans toute la région, une nouvelle économie se développe, qui mélange les valeurs locales et l’explosion de la consommation, et crée des liens plus solides avec l’économie mondiale. Et cette tendance n'est pas seulement aussi puissante et importante que la menace fondamentaliste, elle l’est bien plus encore.»

Les pays arabes ne sont à bien des égards pas différents du Brésil, de l’Inde et de la Chine d’il y a vingt ans : ils sont importants, complexes - et couramment méconnus. Mais ce qui rend le marché arabe plus compliqué, voire menaçant, c’est que l’Islam et la culture arabe y sont entremêlés. La religion tient une place centrale dans la société et les affaires, et elle gouverne la plupart des facettes du marché. Son influence ne diminue pas: les consommateurs arabes qui désirent le progrès, la modernité et l’intégration sociale ne souhaitent pas pour autant abandonner leurs traditions religieuses et culturelles. Ainsi les Arabes apprécient et respectent les marques occidentales, mais seulement si elles ne rentrent pas en conflit avec leurs valeurs. Les entreprises qui négligent l’interaction entre culture et religion, croyant qu’elles ne s’influencent pas l’une l’autre, ignorent un facteur décisif pour réussir dans la région.

Respecter les cinq piliers de l’Islam


Tous les consommateurs du monde arabe ne sont pas musulmans, mais l’Islam façonne l’économie de la région. Ses cinq piliers affectent chaque consommateur et chaque entreprise.

La chahada 


Dans le Coran, le livre sacré de l’Islam, la croyance au monothéisme et l’acceptation de Mahomet comme prophète d’Allah est résumée dans la phrase rythmique: «La ilaha illallah, Muhamadun rasul- allah» («Il n’y a d’autre dieu que Dieu, et Mahomet est son messager»). Cette profession de foi est le premier pilier de l’Islam. La chahada, comme on l’appelle, comporte plusieurs niveaux d’implications et d’interprétations. Les comprendre tous n’est pas toujours chose aisée, en particulier pour faire des affaires. La jurisprudence islamique dépend de déclarations ou d’actes d’approbation ou de désapprobation attribués au prophète Mahomet (les hadiths), qui sont des outils pour interpréter le Coran. Ils peuvent être subjectifs. De plus, les sunnites (qui sont majoritaires en Arabie Saoudite), les chiites (la communauté dominante à Bahreïn) et les ibadites (nombreux à Oman) se basent sur différents ensembles de hadiths, de sorte que les entreprises opérant dans le monde arabe doivent comprendre les nuances de chacun d’entre eux.

Enfreindre la règle ou l’esprit de la chahada peut avoir un impact majeur sur la réputation et le succès d’une entreprise, comme Aria l’a découvert sans le savoir. « Cela nous a pris quarante ans pour bâtir un business au Moyen-Orient, et cinq jours pour le voir s’arrêter complètement», a dit à BBC News un porte-parole de l’entreprise en 2006. 
Les hommes d’affaires occidentaux, en particulier, doivent comprendre que les règles de l’Islam sont perçues comme émanant d’un mandat divin, ainsi que le soulignent Frank Vogel et Samuel Hayes dans leur livre «Islamic Law and Finance: Religon, Risk, and Return». Cependant, les consommateurs arabes pardonnent vite: après avoir invoqué les valeurs islamiques de tolérance, de justice et de pardon. Aria a été la première entreprise danoise à être exemptée du boycott.

Les firmes étrangères doivent donc se démarquer de tout ce qui peut être perçu comme offensant l’Islam. Par exemple, l’Islam interdit la représentation de l’image d’Allah, y compris l’écriture de son nom. De nombreuses entreprises ont dû changer leur logo et leurs emballages pour s’adapter à cet impératif. Ainsi, à la fin des années 1990, quand les cadres d’Unilever Arabia ont découvert le nouveau logo de l’entreprise quelques jours avant son lancement, certains d’entre eux ont eu l’impression que, vu sous un certain angle, il ressemblait au mot Allah écrit en arabe. Risque qu’ils auraient ignoré sur un autre marché, mais dont ils savaient qu’il valait mieux se méfier en Arabie Saoudite. En dépit des coûts supplémentaires, Unilever Arabia à donc travaillé avec le siège à la création d’un nouveau logo avant son lancement.

Bien que l’Islam soit le fondement de leur culture, les Arabes préfèrent souvent que les entreprises séparent la religion et le commerce. Les publicités au ton ouvertement religieux ne marchent presque jamais. Dans les années 1990, lorsque Procter & Gamble a lancé Tide liquide sur les marchés arabes, l’entreprise décida d’utiliser toute une série de publicités montrant à quel point il était facile pour les femmes de se servir de ce produit pour laver leurs voiles. Elle prit soin de présenter la tâche comme une corvée quotidienne sans sous-entendu religieux, faisant ainsi clairement comprendre qu’elle percevait les rapports entre la culture et le business sur le marché arabe.

La salat 


Les prières formelles, ou salat, se composent de la répétition d’une série d’actions et de mots cinq fois par jour. Que ce soit l’appel du muezzin ou les flèches pointant vers La Mecque (la ville sainte à laquelle les musulmans font face durant la prière) dans les chambres d’hôtels, on ne peut échapper à la salat dans le monde arabe.
La prière crée une routine à laquelle doivent s’adapter les entreprises étrangères. Dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, elles doivent fermer brièvement trois fois par jour. Empêcher les employés de prier est interdit par la loi. Le travail s’arrête dans les usines et les bureaux, les réunions s’interrompent et les magasins ferment leur porte. Dès que la prière est finie, les gens reprennent leur activité comme si de rien n’était.
La dévotion aux prières quotidiennes peut varier d’un pays arabe à l’autre, mais quel que soit l’usage local, les moments de prière rythment la journée. Certaines entreprises l’ont bien compris. Ainsi, Titan Industries, le fabricant de montres indien, a développé pour le marché arabe une horloge indiquant le moment de chaque prière de la journée. Des applications comme Al-Qibla, qui indiquent le début exact des prières et la direction de La Mecque via un GPS et un logiciel cartographique, sont aussi disponibles sur la boutique iTunes.

La zakat 


L’Islam requiert que les musulmans fassent don de 2,5% de leur richesse chaque année. Pilier de l’Islam, la zakat (nom que les musulmans donnent à ce don) génère un fond annuel garanti d’argent philanthropique.
Calculer le montant de la zakat générée dans les pays arabes s’avère presque impossible. La plupart des Arabes font leurs dons en privé et de manière informelle, de sorte qu’on n’en garde pas trace. De plus, le don se calcule comme un pourcentage de la richesse personnelle au-delà d’un certain montant - et non comme une fraction du revenu - ce qui le rend encore plus difficile à estimer. Alors que mes calculs très prudents suggèrent que le montant total tourne autour de 3,3 milliards de dollars par an, les experts locaux affirment qu’il dépasse aisément 25 milliards de dollars, soit 1,3% du PNB régional en 2010. A comparer avec les 2% du PNB que les individus, les entreprises et les fondations consacrent aux causes charitables aux Etats-Unis.
Avec la zalcat, les Arabes ont créé une des plus imposantes rentes philanthropiques du monde. Malheureusement, son usage est très désorganisé, ce qui crée une opportunité pour le secteur social. Dans le passé, le gouvernement ou les familles régnantes supervisaient la collecte et la distribution des fonds. Mais de nos jours, il y a moins de musulmans qui donnent leur argent à des organisations étatiques: ils ne font pas confiance aux personnages puissants pour utiliser leur argent de la manière la plus philanthropique qui soit. De plus, la fragmentation des dons dans la plupart des pays arabes rend leur utilisation moins efficace qu’elle ne pourrait l’être.
Si les pays arabes réunissaient (ensemble ou même séparément) la collecte de la zakat et la géraient de manière professionnelle, ils pourraient réussir des choses étonnantes, comme le montre l’exemple de la Chambre de la zakat soudanaise, qui attire une bonne part de la collecte nationale. Elle a ainsi disposé d’environ 250 millions de dollars en 2010, et les a dépensés en grande partie dans des programmes qui promouvaient le développement et l’autosuffisance, en particulier auprès des femmes. L’organisation distribue des semences pour l’agriculture et de la farine, dont les femmes se servent pour cultiver ou fabriquer des produits qu’elles peuvent vendre.
Les gouvernements ne sont pas forcés de superviser les fonds de la zakat: des spécialistes financiers des banques islamiques pourraient gérer l’argent, et des érudits islamiques et experts en philanthropie pourraient créer un système pour dépenser les fonds de manière efficace. 

Selon plusieurs experts, l’argent pourrait servir à des prêts de type microfinance ainsi qu’à des services de santé et de prestations sociales pour les citoyens dans le besoin. 
L’obstacle: les gouvernements arabes croient fermement que les soins à la personne sont de leur ressort, et craignent que les autres organisations qui s’en occupent essaient seulement de gagner de l’influence politique.
Quelques pionniers ont cependant développé des méthodes innovantes pour accroître la valeur des dons de la zakat. Ainsi, la société Abdul Latif Jameel de Djedda (Arabie Saoudite) finance un programme - auquel ses collaborateurs peuvent apporter leur contribution à la zakat - qui forme des ouvriers, soutient des entrepreneurs en herbe et aide des start-up à se développer. La famille Jameel a décidé qu’un tel projet aiderait mieux la communauté que les dons d’argent de ses collaborateurs. Bien qu’onéreux, le programme a formé des centaines de travailleurs à des jobs mieux payés et a contribué à faire naître des dizaines de petites entreprises depuis 2002. Il pourrait bien jouer un rôle précurseur pour établir un modèle de responsabilité sociale des entreprises arabes du secteur privé basé sur la zakat.

Le saoum 


Durant le mois du ramadan, qui célèbre la révélation des premiers versets du Coran au prophète Mahomet, les musulmans pratiquent le saoum, c’est-à-dire le jeûne du lever au coucher du soleil (les étrangers non musulmans en sont exemptés, bien que, par politesse, ils ne doivent pas manger ou boire en public durant les heures de jeûne).
La période du ramadan est à la fois spirituelle et festive, l’accent variant selon les pays. Les gouvernements de la région ordonnent une réduction de deux heures des horaires de bureau, ce qui représente à la fois un défi et une opportunité: les consommateurs ont plus de temps pour leurs loisirs (et pour dépenser), mais il peut être difficile pour les entreprises de continuer à fonctionner en raison de la réduction du temps de travail des employés. La plupart des firmes chamboulent leurs horaires, comprenant que les gens restent éveillés du crépuscule à l’aube, qu’ils se lèveront donc tard ou partiront tôt.
Les entreprises locales et étrangères ont rendu le mois du ramadan aussi important pour les ventes que la période des fêtes de fin d’année en Occident. 

La plupart des distributeurs arabes écoulent autant de biens au cours de ce seul mois que pendant le reste de l’année. Le prix des publicités télévisées monte durant le ramadan, tandis que les chaînes lancent de nouvelles émissions. Et les appels sur mobiles se multiplient du fait des connexions avec la famille et les amis. Les Arabes font leur shopping au petit matin : les malls et les magasins restent donc ouverts et les entreprises offrent d’énormes réductions de prix.
Paradoxalement, les entreprises alimentaires (et de boissons) présentes au Moyen- Orient voient leurs ventes bondir durant cette période de jeûne. Cela est dû au fait que les Arabes se réunissent le soir en famille et avec leurs amis pour rompre le jeûne lors de grands banquets, tandis que les restaurants proposent des buffets pour les repas, après le coucher du soleil et avant l’aube. Les ventes atteignent un pic final juste avant l’Aïd al-Fitr (la fête de la rupture du jeûne), le jour qui marque la fin dit ramadan, lorsque les musulmans prient, font la fête et échangent des cadeaux.

Cependant, le ramadan n’est pas porteur pour toutes les entreprises. Le calendrier islamique étant basé sur le cycle lunaire, il n’est pas synchronisé avec les saisons. De 2008 à 2018, le ramadan a lieu durant l’été, ce qui a pour résultat de modifier les tendances de consommation. Ainsi, les ventes de boissons non alcoolisées et de parfums s’accroissent généralement durant l’été et durant le ramadan. Quand les deux se recoupent, les entreprises de ces secteurs ne bénéficient que d’une seule période d’accélération des ventes. Les plus réactives prévoient donc des campagnes publicitaires à d’autres moments de l’année pour booster leurs ventes.

Il est intéressant de noter qu’une réaction se fait jour contre la commercialisation du ramadan et la consommation ostentatoire qui le caractérise parfois. Sentant le vent tourner, certaines multinationales focalisent leur communication publicitaire sur la solidarité familiale, la générosité et la spiritualité. En 2009, Procter & Gamble a ainsi annoncé que, pour chaque paquet de Tide White Musk acheté en Egypte durant le ramadan, la compagnie offrirait un vêtement à une famille dans le besoin. Pour assurer sa crédibilité, elle a travaillé avec Resala, une ONG respectée, a obtenu le soutien d’un ministre et a recruté Hakim, un chanteur populaire, en tant qu’ambassadeur de la campagne. A la fin du ramadan, Procter & Gamble et ses clients avaient procuré 640.000 vêtements à des enfants pauvres, et la part de marché en volume de Tide en Egypte avait augmenté de 3 points.

Le hadj 


Le hadj à La Mecque - un devoir que tous les musulmans en bonne santé doivent accomplir une fois dans leur vie s’ils en ont les moyens - est l’un des plus grands pèlerinages du monde. L’arrivée annuelle de plus de 1,5 million de musulmans en Arabie Saoudite crée de nombreuses opportunités de business. Bien que les chiffres officiels soient rares, des études estiment l’impact du hadj sur l’économie saoudienne à 42 milliards de dollars en 2011, soit presque 7% du PNB.
Plusieurs chaînes d’hôtels, arabes et étrangères, ont profité de la nécessité de loger des millions de personnes durant le pèlerinage annuel, qui dure un peu moins d’une semaine. L’Inter Continental de La Mecque se trouve ainsi très près de la Kaaba, le site islamique le plus sacré, et la chaîne possède plusieurs établissements à Médine, une autre cité sainte pour les musulmans. Même s’ils triplent leurs tarifs durant le hadj, les hôtels de La Mecque ont un taux d’occupation de 100% chaque nuit du pèlerinage (contre 65% le reste de l’année). 

En 2011, le gouvernement saoudien a autorisé la construction de 500 nouveaux hôtels à La Mecque, qui est devenue une ville en essor permanent.
Le hadj est une expérience religieuse, mais la consommation fait souvent partie du pèlerinage. A La Mecque, Médine et Djedda, des centaines d’entreprises locales et multinationales profitent d’une croissance de la demande pour toutes sortes de produits, des souvenirs aux traitements pour les migraines. Procter & Gamble fait la promotion de la quasi-totalité de ses produits durant le hadj, mais ce sont ceux qui peuvent être rapportés chez soi comme cadeaux qui s’écoulent le mieux. Les ventes de parfums atteignent un pic et les petits appareils électroménagers, comme les rasoirs électriques, se vendent bien, en particulier ceux qui ne sont pas disponibles dans les pays des visiteurs. 

Pour les entreprises d’électronique grand public, comme Sony et Samsung, le bond des ventes pendant le pèlerinage équivaut à un mois de chiffre d’affaires. Durant le hadj, Samsung déplace ses équipes du reste du pays vers La Mecque et Médine, et ses points de vente affichent des bannières spéciales en quatre ou cinq langues à destination des visiteurs étrangers.

Le hadj est devenu une opportunité si attrayante que certaines entreprises arabes l’utilisent comme rampe de lancement pour leur expansion mondiale. Le pèlerinage drainant une foule de gens qui visitent l’Arabie Saoudite pour la première fois, les firmes peuvent tester leurs marques sur un nouveau groupe de consommateurs internationaux chaque année. Elles établissent la notoriété de la marque auprès des pèlerins grâce à des opérations de vente et de marketing à La Mecque et à Médine, puis implantent des points de distribution dans les pays d’origine des consommateurs. Ainsi Arabian Oud, qui crée des parfums à base d’oud (bois d’agar), possède 52 boutiques à La Mecque et à Médine, qui réalisent environ 11% des ventes totales de l’entreprise durant le hadj. Elle a construit un réseau de 550 magasins dans 28 pays en suivant les pèlerins musulmans qui retournaient chez eux.

Yallah! «Allons-y!» Vous entendrez cette expression partout dans le monde arabe, et, en dépit des défis sociaux et politiques, elle incarne le dynamisme du marché. Le seul mot arabe que vous entendrez plus souvent encore est «yanni» («c’est-à-dire» ou «cela signifie»). C’est un mot passe-partout, mais il souligne le profond désir du peuple arabe d’être compris. Dans le monde arabe, seules les entreprises capables d’appréhender le dynamisme du futur (incarné par «Yallah!») tout en ayant assimilé correctement le passé (symbolisé par «yanni») ont une chance de prospérer...

24/02/2014

Minsk, tête de pont européenne des Chinois


Investissements chinois



Investissement chinois en Bielorussie


Les autorités biélorusses et chinoises ont signé un accord de construction d’un “technoparc” colossal près de la capitale de la Biélorussie, qui pourra diffuser sa production aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest.

Alors que Moscou et Bruxelles se disputent l’espace ex-soviétique comme zone d’influence, un nouvel acteur se fait de plus en plus remarquer. En Biélorussie, des sociétés chinoises sont à pied d’œuvre : elles construisent, près de Minsk, une “cité des hautes technologies”, sur une surface équivalant au tiers de celle de la capitale.

Le projet, qui devrait permettre de doubler les recettes du budget de l’Etat, a déjà été entériné par un oukase présidentiel. En Biélorussie, cet acte réglementaire équivaut à un article de la Constitution. C’est pourquoi l’ambassadeur de la république populaire de Chine à Minsk, Goun Tszianveï, qualifie avec assurance cette initiative comme unique : il est peu probable qu’ailleurs en Europe on puisse créer actuellement un technoparc doté de telles infrastructures. Celles-ci sont réellement impressionnantes. A 4 kilomètres de là, il y a l’aéroport international de Minsk et au-delà d’une bande forestière de protection se trouve l’autoroute Moscou-Minsk (qui se poursuit vers Berlin à travers la Pologne). Une voie de chemin de fer pour trains à grande vitesse a aussi été envisagée. La question qui se pose est de savoir où seront expédiées les marchandises produites par les sociétés chinoises qui s’implanteront sur cette tête de pont, située à 300 kilo- mètres de l’UE et de la Russie. Rappelons que cette dernière a constitué avec la Biélorussie et le Kazakhstan une union douanière. Au reste, l’une de ces destinations n’exclut pas l’autre : l’usine du monde – comme on surnomme la Chine depuis longtemps maintenant – s’intéresse à tous les marchés que ses produits peuvent atteindre.

Déforestation


Electronique, construction mécanique, chimie fine, biotechnologies, industrie des nouveaux matériaux : sur 90 km2 encore occupés en grande partie par des forêts doivent s’implanter des laboratoires de recherche, des centres de logistique, des complexes commerciaux et des logements. Les résidents du technoparc se sont vu promettre des avantages : ils seront entièrement exemptés d’impôt sur les bénéfices, de taxe foncière et de taxe d’habitation pendant les dix premières années et à 50% au cours des dix suivantes. Rien de tel n’est prévu pour les habitants de la région, bien sûr.

En 2013, le projet de technoparc de Minsk, qui appartiendra à 60 % aux Chinois, a été présenté à plusieurs reprises et à grand renfort de publicité en république populaire de Chine. Minsk a mis en avant l’un des avantages concurrentiels, à savoir l’appartenance de la Biélorussie à l’union douanière. Cela permettra aux entreprises résidentes de vendre librement leur production sur les marchés du Kazakhstan et de Russie, bien sûr. “Les autorités ne comptent manifestement pas que ces productions soient vendues en Biélorussie”, fait remarquer le directeur exécutif du centre d’analyse biélorusse Strateguia et ex-candidat à l’élection présidentielle Iaroslav Romantchouk. “Ils veulent focaliser les résidents potentiels sur le marché russe.”

Indemnisation


Romantchouk estime que le technoparc est une sorte de trou dans l’union douanière. “Dans le cadre de l’Union, il faut absolument coordonner le commerce, les douanes et les politiques macroéconomiques. Le technoparc permet de créer artificiellement des conditions favorables pour une région donnée. S’il commence à se développer subitement et que ses productions chassent celles des entreprises russes sur le marché de la Russie, les services de l’Union douanière auront du souci à se faire.” L’expert suppose que, tant que les marchandises du technoparc ne menacent pas le marché russe, Moscou restera observateur ; d’autres facteurs peuvent entraver le projet, comme l’image de la Biélorussie en tant que partenaire risqué. “Un pays dont le gouvernement ne peut pas juguler l’inflation et où il n’y a pas de politique monétaire intelligible peut difficilement être considéré comme un lieu favorable aux investissements à long terme”, explique-t-il.

Les représentants chinois ne partagent pas ce pessimisme. “La Biélorussie peut être convaincue que nous construirons ce parc, soulignent-ils, à moins, bien sûr, que nous ne soyons confrontés à une corruption à très grande échelle et que nous décidions de ‘fermer le robinet’.”

Alexandre Ermak, chef de l’administration du technoparc, est le représentant du pouvoir biélorusse dans la future ville chinoise. Il a une mission particulière que rappellent immédiatement deux portraits d’Alexandre Loukachenko figurant dans son bureau. L’un, minimaliste, reflète l’austérité du président ; l’autre, grandeur nature, illuminé par le soleil qui vient de se lever, vous regarde depuis le mur. Cinq entreprises sont prêtes à être enregistrées comme résidentes. Ermak peut en nommer trois : le fabricant chinois de smartphones ZTE et deux laboratoires pharmaceutiques, le biélorusse Assa Medika et le russe F-sintez. Quant à l’éventuelle arrivée de géants comme Sinomach (constructions mécaniques et équipements lourds), dont avaient parlé l’été dernier certains médias chinois, Ermak ne les évoque pas pour le moment.
Alexandre Ermak donne l’impression d’un homme qui a réponse à tout. Oui, 38 km2 de forêt seront coupés, mais cet abattage ne sera pas intégral et il s’étalera sur vingt ou trente ans. Des plantations en compensation sont prévues sur 43 km2. Les bandes forestières de protection seront conservées autour des villages. En commentant le mécon-tentement des habitants, Ermak rappelle qu’en Chine, lors de la construction des technoparcs, aucune exception n’a été faite pour les personnes vivant sur les territoires concernés : tous les villages ont été rasés et les personnes se sont vu proposer un logement et des indemnisations. “Tôt ou tard, tout concourra probablement à ce que le système intègre la population”, dit-il.

L’arrivée de centaines de milliers de Chinois dans une Biélorussie peuplée de 9,5 millions d’habitants est considérée par Ermak comme irréaliste. “Nous parlons ici de la construction d’entreprises de cinquième et sixième génération en termes de processus technologiques. Elles ne requièrent pas d’effectifs très importants, précise-t-il. L’objectif consiste à embaucher le moins d’employés possible pour que tout soit automatisé et robotisé.”

Selon Ermak, la nouvelle ville elle-même est pensée en fonction des normes actuelles. Les immeubles ne seront pas très élevés et il y aura des zones vertes. Dans trente ans vivront ici 150 000 personnes. Même si 20 % d’entre elles sont étrangères, la Biélorussie pourra les “digérer”, affirme-t-il.

Cependant, pas un seul protocole d’intention n’indique une limite quantitative des immigrants ni des travailleurs étrangers dans les entreprises, reconnaît Ermak. Il estime que c’est l’investisseur qui décidera des embauches. Mais la partie biélorusse espère que le potentiel en ressources humaines de la Biélorussie conviendra aux entreprises résidentes.

Front uni


La modernisation de la Biélorussie via le technoparc ne doit pas mécontenter Moscou, estime le fonctionnaire, puisque la Biélorussie et la Russie constituent aujourd’hui un seul espace économique. Donc les deux pays “présentent un front uni pour attirer les investissements et les nouvelles technologies sur un territoire commun”. En ce qui concerne les perspectives, le fonctionnaire admet que les produits de nombreuses entreprises du technoparc seront vendus à l’Est.

Pour la Chine, le projet biélorusse amorce la conquête d’un troisième continent, après l’Asie et l’Afrique, grâce aux technoparcs. La Chine a acquis de nombreuses sociétés européennes ces dernières années, essentiellement dans les Pigs (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), après que la troïka de créditeurs que sont l’UE, la Banque centrale européenne et le FMI les ont contraints à privatiser les entreprises et les secteurs stratégiques. Un exemple parlant en est le port du Pirée. Ainsi, le technoparc sino-biélorusse pourra devenir ce modèle à partir duquel le dragon rouge regroupera ensuite ses nouvelles capacités dans l’Union européenne.

Toutefois, pour la famille d’Irina Kozel, qui voyait le village de Bykatchino, près de Minsk, comme une base pour son futur patrimoine, les usines chinoises de l’autre côté de leur propre clôture vont plutôt signifier la fin de ce rêve. “Mon fils aîné vit maintenant avec sa famille à Londres. Il est programmeur, il a sa propre affaire, raconte Irina. Nous lui avons acheté une parcelle de terrain à la limite du village, nous y avons construit une maison temporaire parce qu’il voulait revenir ici l’année prochaine. Mais, lorsqu’il est venu la dernière fois, il a vu se développer le projet du technoparc et il ne parle plus de retour.”

Pour la Biélorussie, qui a perdu 8,5 % de sa population au cours des vingt dernières années, ces mots sont lourds de signification. Et bien plus lourds même que l’arrivée d’investisseurs étrangers avec leur main- d’œuvre.

Lettonie


La Lettonie est une autre cible des investissements chinois. A une trentaine de kilomètres de la capitale, Riga, dans la petite ville d’Ozolnieki, les immeubles poussent “à un rythme effréné, très chinois”, note Lietuvos Rytas. Leurs propriétaires ? Des Chinois qui, en échange de leur investissement immobilier, obtiennent un permis de séjour leur permettant de circuler dans l’espace Schengen. La paternité
de cette idée revient à l’un des oligarques lettons, Ainars Slesers. En 2009, la Lettonie a connu la pire récession d’Europe et le secteur immobilier a été frappé de plein fouet. Il s’agit donc de lui donner
un nouveau souffle. Pari réussi. En 2011, 1 500 personnes ont déposé la demande pour de tels investissements, selon le quotidien lituanien.
Les Chinois y sont désormais plusieurs centaines, mais cette immigration n’est plus du goût de tout le monde, notamment des nationalistes, qui cherchent à y mettre un frein...